Maladies neuro-dégénératives : 3 questions au Professeur Clanet

Dernière modification: 
01/06/2021

 

Dans le cadre du déploiement de l’action de DPC par l’organisme Panacea Formation Conseil, suite à l’appel d’offres sur le repérage et l’évaluation des troubles cognitifs en médecine générale, l’Agence rappelle les enjeux évoqués par le Professeur Clanet,- Président du comité de suivi du PNMD 2014-2019 – dans le rapport d’activité 2019 de l’ANDPC.
 

Pourriez-vous nous rappeler en quelques mots les enjeux du repérage et de l’évaluation précoce des troubles cognitifs en médecine      générale ?
Les troubles neuro-cognitifs sont repérés tardivement et sous diagnostiqués. Au-delà de la souffrance occasionnée par ces phases d’incertitude, ces retards sont une véritable perte de chance pour les personnes concernées et leur entourage (soit plus de deux millions de personnes en France).
Or de nombreuses mesures s’inscrivant dans une démarche d’accompagnement et de prévention secondaire et tertiaire permettent de préserver la qualité de vie, prévenir les complications et crises comportementales en anticipant les stades avancés de la maladie. 
Dans le cadre d’une stratégie graduée et personnalisée de diagnostic, les médecins généralistes sont en première ligne pour repérer ces troubles.

Quelles sont les mesures du Plan maladies neuro-dégénératives (PMND) qui soutiennent cet enjeu ?
La mesure 1 « favoriser un diagnostic de qualité et éviter les situations d’errance », l’une des mesures phare du plan national maladies neurodégénératives 2014-2019 portait cette ambition. Il est clair qu’il faudra poursuivre l’action afin que chacun s’approprie les enjeux du diagnostic. C’est l’un des sujets pour lesquels l’intérêt de donner une suite à ce plan est le plus fort.

Vous avez travaillé avec le Collège de Médecine Générale (CMG) et les services de l’Agence nationale du DPC à la rédaction d’un cahier des charges relatif au repérage et à l’évaluation des troubles cognitifs en médecine générale, cahier des charges qui va être porté en 2020 par appel d’offres. Qu’en attendez-vous en termes de transformation des pratiques ?
Le CMG nous a accompagnés pendant toute la durée du plan, avec un temps fort lors du séminaire du 17 janvier 2018 sur le « droit au diagnostic ». Nous avons partagé pendant toute la durée du plan la volonté de renforcer le rôle des intervenants de première ligne dans le parcours des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.
La formation dans le cadre du DPC est un facteur essentiel pour renforcer et faire vivre cette mobilisation au cours des années à venir. Cette formation est essentielle pour lever les freins au diagnostic que nous connaissons maintenant mieux grâce aux travaux réalisés pendant le  plan : crainte de la stigmatisation des malades, idée qu’en l’absence de traitement il n’y a rien à faire…